le paillis

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À titre expérimental depuis 2009, il est permis au jardin du Mont des Lilas de pailler le sol de nos lots. Le seul type de paillis exclus est celui du genre conifère ( cèdre, sapin, pruche etc.). La raison est qu’ils contiennent des concentrations de tannins, terpènes et autres biocides négatifs à la vie du sol, donc du potager. Il va de soi que pour l’application de son choix chacun ira de sa méthode et le texte qui suit est proposé, afin de faciliter la compréhension relative aux différents types de paillis et méthodes généralement appliquées.
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 La première idée associé au mot paillis vient du mot paille et est lié à l’action de recouvrir le sol de ce matériau en différentes épaisseurs ou couches. En forêt, le randonneur réalisera facilement que la terre laissée nue n’est pas un état habituel dans la nature. La forêt fournit les branches cassées, feuilles et autres éléments qui constituent un couvert (mulch) recouvrant le sol et constituant le garde-manger qui sert à nourrir les petits habitants de la terre. Ceux-ci recyclent le tout et l’y retourne sous forme de fumier ou minéraux créant ainsi un biotope. Dans une troisième forme, le jardinier pour copier ce mode de vie à recours au paillage, une technique assez simple qui consiste à recouvrir le sol de matériaux organiques (compost, gazon, coquilles d’œuf, fumier, brf, ou autre) afin de le nourrir et le protéger.

BECHAGE

Si l’on devait retenir une seule idée relative aux différents paillis.

Plus le matériel apporté contient de fibre (donc plus il est dur), Plus il faut porter attention à ne pas l’incorporer à la terre entre le printemps et l’automne. Durant le processus de décomposition des fibres, il se créé une demande d’azote qui rend cet élément moins disponible aux plantes.

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3 exemples de contenu en fibres au jardin : le compost, les tiges de tomates, les copeaux de bois,

 Le compost peut être laissé ou incorporé aux premiers pouces du sol n’importe quand en quantité raisonnable (les fibres étant prédigérées au compostage C/N=15). Les tiges de plan de tomate doivent être laissées en surface, compte tenu de leur niveau de fibres (C/N=80) et ou incorporées l’automne, elles peuvent aussi être compostés pour récolter leurs précieux minéraux. Les copeaux de bois (brf 7cm et moins C/N=100) eux doivent rester en surface et ne doivent être incorporés qu’après les récoltes à l’automne, sous peine de carence d’azote pour les plantes si incorporés durant l’été (copeau de bois ne veut pas dire bran de scie, un matériel qui n’est pas vraiment valable au potager (C/N=800).

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Généralités

Les points négatifs du paillis :

Si le paillis est installé trop tôt en saison il empêchera le sol de se réchauffer et aura le même effet pour les racines qui sont dessous. Donc le printemps, le paillis peut être gardé dans l’allée en attendant d’être  plus utile durant les chaleurs d’été, ils garderont vos pieds au sec dans l’allée. Effet négatif no2 : lors d’été pluvieux, s’il est employé sur de longues périodes pluvieuses, les limaces peuvent devenir gênantes s’il n’y a pas de prédateurs comme les carabes.

 les avantages

-Diminuer la fréquence d’arrosages durant la canicule, avoir un sol à nu amplifie le phénomène d’évaporation, le soleil le touchant directement de ses rayons crée un assèchement 3 fois plus important qu’en sol de couvert forestier ou paillé. Le phénomène de transpiration des plantes (deuxième perte d’eau importante) est également accru en été lorsque les températures augmentent et réchauffent les racines des plantes.
Le paillage permettra d’absorber l’eau , maintenir l’humidité et la fraîcheur de votre sol.

 –Aider au désherbage: Le paillage empêche la lumière d’atteindre la surface du sol ce qui ne permet pas aux mauvaises herbes de germer et diminue leur développer (attention chiendent sa racine traçante adore le paillis).

Diminuer l’encroûtement de surface: Le paillage protège les racines des changements brusques de température et évite aussi le tassement de la terre sous l’action de la pluie ce qui est important en sols argileux. Vous évitez donc la formation d’une croûte imperméable en surface qui empêcherait l’eau des prochaines pluies ou arrosages d’atteindre le système hydrique des plantes.

Créer un lieu propice aux insectes utiles : Les matériaux utilisés servent de refuge pour les insectes utiles comme le carabe qui adore les limaces en toutes saisons.

CARABE carabe  (prédateur de limaces reconnu)

Améliorer la structure du sol : En utilisant un paillage organique qui finira par se décomposer en humus, vous enrichissez le complexe argilo-humique de votre sol et augmentez la fertilité.

Conserver des feuilles, fruits et légumes propres : Le paillage permet de ne pas laisser vos plantations en contact avec les éclaboussures des fortes pluies qui relèvent souvent sur les feuilles les mauvais champignons qui propagent les maladies. Du même coup vous gardez fruits et légumes et vos pieds propres.

Favoriser la vie microbienne de votre sol : Conserver les facteurs de température et humidité les plus constants possible et propices au développement des micro-organismes, ceux-ci rendront les éléments nutritifs disponibles par leur travail de digestion : soit la minéralisation.

Incorporer la fibre à l’automne plutôt que le printemps-été, une question de disponibilité de l’azote

 Le cycle de l’azote

Le grand réservoir d’azote nécessaire à la vie est l’air que nous respirons. Celui-ci est composé de 80 % d’azote et de 20 % d’oxygène. Afin d’être utilisé par les organismes vivants, l’azote atmosphérique doit d’abord être minéralisé. Ce sont des micro-organismes, surtout des bactéries fixées aux racines des légumineuses, qui dans la nature réalisent cette minéralisation en fixant l’azote sous la forme de nitrates. Ces nitrates sont alors absorbés et transportés jusqu’aux feuilles où ils sont utilisés par les plantes pour la synthèse des protéines. Ces protéines sont la base de l’alimentation azotée des animaux vivant dans le sol. A leur mort les micro-organismes décomposeurs rendent au sol l’azote minéral tandis que certaines bactéries dénitritifiantes changent l’azote minéral en azote atmosphérique .

L’équilibre carbone-azote

La plupart des résidus organiques fournissent aux habitants du sol tous les nutriments nécessaires à leur croissance, une quantité équilibrée de carbone (C= fibres) et d’azote (N) assure leur alimentation. Le carbone est l’élément de base de la matière organique et l’azote est l’élément indispensable pour l’élaboration des protéines. Si l’azote vient à manquer, toute croissance ou développement des organismes est arrêté. Le rapport idéal pour débuter un compost est de 30 (C/N = 30), soit 30 parties de carbone pour une partie d’azote. Si le rapport est supérieur à 50, le temps de compostage sera trop long car les microorganismes, dans ce cas, deviennent nécrophages, c’est à dire qu’ils se nourrissent de la substance même d’autres micro-organismes morts.

Proportions C/N

Par exemple, le gazon à 10 particules de fibre (C) pour 1 d’azote (N) soit 10/1

Gazon——————–10/1
Fumier composté——-20/1
Foin sec——————25/1
Sarclage—————–30/1

Feuilles vertes———-40/1

Peat moss —————50/1

Tiges de tomate—50 à 80 /1
Feuilles sèches—-80 à 150/1
Paille—————80 à 160/1

BRF————–100 à 150/1
Papier journal———-170/1
Bran de scie—–500 à 800/1

À la fin d’un cycle de compostage, le rapport C/N d’un compost maison est d’environ 15/1.

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BRF

Chaîne alimentaire pour créer l’humus

La chaîne alimentaire forestière nous l’oublions est à la base de la formation des sols agricoles. La forêt de feuillus dans son cycle vital rend disponible en tout temps, des rameaux,  branches et  feuilles qui sont dépolymérisés (décomposés) par le mycélium de champignons (basidiomycètes).  C’est l’action de ces champignons spécifiques  qui engendre le processus d’humification (humus). Par la suite, des bactéries, vers, arthropodes et autres habitants du sol font évoluer le cycle de métabolisation (digestion) créant une richesse sans cesse renouvelée .

Les BRF

Le Bois Raméal Fragmenté est le nom attribué par un groupe de chercheurs de l’université Laval dans les années 1980, afin de nommer le matériau  obtenu suite au  broyage de rameaux de feuillus frais ( petites branches) ayant moins de 7 centimètres (2 1/2 pouces), ceux-ci renfermant la partie la plus riche de l’arbre dans son écorce.

En utilisant des branches fraîchement broyées et répandues rapidement au sol, une pédofaune et une pédoflore vont s’installer et ainsi reproduire les mêmes mécanismes que produit la forêt, laquelle est autosuffisante. Les BRF sont considérés comme des aggradants (améliore le sol à l’inverse de dégradation) et présentent donc un matériau de premier choix pour garder les sols en santé, ou restaurer les sols épuisés.

 Pour une lecture plus complète sur les brf :

Article de M. Jacques Hébert

http://jardinsvivaces-livegardens.com/nouveau–jardiner-en-sol-vivant

 ou voyez :

Vidéo français expliquant la simple  pratique des brf

http://www.dailymotion.com/video/x3ejez_le-brf-une-perspective-davenir

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